01.04.2007
Les 50 ans de la bataille d'alger.
Le 7 janvier 1957 démarrait, en Algérie, la Bataille d’Alger. Une bataille que l’armée française a remportée contre les indépendantistes algériens du Front de libération nationale engagés dans une campagne d’attentats dans la capitale. Mais en pratiquant la torture pour parvenir à ses fins, l’honneur de l’institution militaire française a été entaché, ainsi que celui de la IVème République qui a couvert ses exactions. 50 ans après, face à la torture en Irak, les Américains sont confrontés à la même problématique.
Début 1957, cela fait déjà plus d’un an - 20 août 1955 - que les nationalistes algériens du Front de libération national ont lancé leur insurrection générale contre la France et les Algériens modérés. Mais depuis le milieu de l’année 1956, ils commencent à déplacer les combats du maquis vers la capitale pour faire plus de bruit. La question algérienne est débattue à l’ONU mais n’avance pas, et les discussions secrètes menées durant l’été 1956 entre les deux parties ont été rompues. Le 30 septembre 1956, le FLN frappe la communauté européenne au coeur d’Alger, dans la rue d’Isly, au Milk Bar, à l’Otomatic et à la Cafeteria. Les attentats font des dizaines de morts, blessés et mutilés et retentissent jusque Paris. 3 024 disparus Devant l’incapacité des autorités civiles à faire respecter l’ordre, le 7 janvier 1957, Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, confie les pleins pouvoirs de police pour la région d’Alger au général Massu et à ses 8 000 parachutistes.
Pour « pacifier » Alger et démanteler les réseaux de poseurs de bombe, la 10e Division parachutiste ne se fixe aucune limite et emploie largement la torture : torture à l’électricité ou gégène, baignoire, pendaison… Le FLN lance un appel à la grève générale pour le 28 janvier 1957 mais l’armée brise le mouvement en forçant les échoppes à rouvrir. Au stade d’Alger, à El-Biar, au casino de la Corniche, les indépendantistes du FLN poursuivent leur campagne d’attentat. Mais sur ce point encore, la répression aveugle de l’armée française commence à porter ses fruits. Les coupables comme les suspects sont torturés, parfois exécutés, et les hommes du général Massu reconstituent la pyramide qui mène à la direction du FLN à Alger. Jusqu’à l’arrestation du chef du FLN à Alger, Yacef Saadi, le 24 septembre 1957.
3 024 personnes sur 24 000 assignées à résidence ont disparu durant la Bataille d’Alger, selon Paul Teitgen, le secrétaire général chargé de la police à la préfecture d’Alger. Les justes Réprouvant les méthodes utilisées pour parvenir à ces résultats, le général Jacques Pâris de la Bollardière, un héros de la libération de la France, demande le 28 mars 1957 d’être relevé de ses fonctions. Il écope de quinze jours d’emprisonnement, deux semaines plus tard. Le 12 septembre 1957, Paul Teitgen donne à son tour sa lettre de démission à Robert Lacoste, où il écrit : « Je ne me permettrais pas cela [dénoncer ces tortures] si je n’avais pas vu au camp [camp de détention au sud d’Alger] de Paul Cazelle les traces profondes de ces mêmes sévices que j’ai subis de la part de la Gestapo ». Des propos rapportés par l’historien Pierre Vidal-Naquet, aujourd’hui décédé, et qui a tôt pris position contre la guerre en Algérie. Il fait partie des intellectuels qui réclament la vérité sur la disparition du militant anticolonialiste Maurice Audin, enlevé en juin 1957 par l’armée française.
Les paras de Massu n’ont rien inventé en Algérie. La torture a été dénoncée dès 1955 dans la presse française et, selon Pierre Vidal-Naquet, elle a existé avant même l’insurrection du 20 août 1955. Mais les partis ne réagissent pas et le gouvernement de Guy Mollet (SFIO, Section française de l’Internationale socialiste) fait la sourde oreille. « Le symbole de ce "totalitarisme mou" a été Guy Mollet, pour lequel j’ai gardé une haine farouche ! » explique Pierre Vidal-Naquet dans une interview accordée en 2000 au journal Le Monde. Son bureau débordait, en 1956, de dossiers sur la torture en Algérie et il osait affirmer qu’il ne s’agissait que de cas isolés ! » L’histoire se répète en Irak En juillet 1957, une commission d’enquête installée trois mois plus tôt par le Premier ministre socialiste rend un rapport accablant sur les pratiques de l’armée en Algérie, mais le journal Le Monde est saisi lorsqu’il en publie quelques extraits.
En France, quelques intellectuels dénoncent la torture, Jean-Jacques Servan-Schreiber, le patron de L’Express, publie ses carnets, intitulés Lieutenant en Algérie, dans lesquels il dénonce les pratiques de certains militaires… mais le travail de mémoire n’a jamais été réalisé - pas plus qu’en Algérie. Il faut ainsi attendre 2003 pour que la télévision publique française diffuse le film « La bataille d’Alger », réalisé en 1965 par Gilles Pontecorvo (décédé le 12 octobre dernier). Il avait reçu le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1966, avait été primé au Festival de Cannes et sélectionné aux Oscars. En 2003, le Pentagone l’aurait même projeté aux officiers américains en partance pour l’Irak. Ils sont aujourd’hui confrontés à la torture comme les Français l’étaient en Algérie. « En ce sens, explique l’historien Benjamin Stora à L’Express.com, dans son édition du 5 janvier, le parallèle à faire entre hier et aujourd’hui n’est pas avec la guerre du Vietnam mais bien avec la guerre d’Algérie. »
LJM
06:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2007
Dis papa c'est quoi la mégalomanie ?
Le petit Nicolas a installé son QG de campagne au 18 rue d'Enghien, c'est-à-dire à 100m de chez un de mes correspondants. Un bien bel endroit, avec escalier monumental et photo de 4m de haut du ministre-candidat.![]()
Joli, non ? Evidemment, une personnalité comme lui ne peut pas se déplacer sans 2 ou 3 gardes du corps. Donc, depuis quelques semaines, on voit ça dans le quartier :
![]()
Plus ça :
![]()
Et puis aussi ça :
![]()
Soit, si vous observez bien, 3 cars et 10 fourgonnettes de la police et des CRS.
S'ajoutent à ce dispositif léger quelques autres camionnettes (entre 2 et 4 selon les jours) aux extrémités de "sa" rue, et quelques voitures banalisées, reconnaissables lorsqu'elles arborent leur girophare bleu.
Des hommes en bleu à tous les coins de rue, la circulation régulièrement bloquée pour que les voitures officielles puissent emprunter les sens interdits afin de gagner une minute ou deux, et des concerts de sirènes lorsque le grand petit homme déplace son auguste personne.
Combien sont-ils ? je vous laisse faire le compte, sachant que chaque véhicule est aussi rempli que les bus de la RATP aux heures de pointe. Me voilà bien rassuré : non, la campagne présidentielle de Sarkozy ne coûtera pas une fortune à l'UMP.
Le Ministère de l'Intérieur est là pour régler quelques factures ! Mais je me tais un instant pour laisser la parole au petit excité qui, contrairement aux apparences, se soucie beaucoup des dépenses publiques et donc de nos portefeuilles : "Nous ne pouvons rester le pays d'Europe où la part des dépenses publiques dans la richesse nationale est la plus importante. Il faut donc dépenser mieux et moins. (...) Le problème du nombre de fonctionnaires doit être posé." Dépenser mieux, c'est donc dépenser pour la protection privée du vilain petit homme quand il ne fait pas son boulot de ministre.
"Dans un pays comme le nôtre, où les dépenses des pouvoirs publics représentent 54 % de la richesse nationale, l'échec économique et social est garanti si les dépenses sont mal orientées." A moins qu'il ne craigne que les Allemands ne repassent la ligne Maginot juste pour taper sur sa petite tête, j'ai bien peur que ce monstrueux attirail soit légèrement disproportionné pour dissuader 3 sans-papiers de manifester devant son bureau.
Espérons qu'il "orientera mieux les dépenses" s'il est élu, il faudrait pas qu'il se paye des croisières en porte-avions pour ses vacances. "La France qui se lève tôt le matin, la France qui travaille, la France qui paie ses impôts, elle est aussi attachée à voir que l'argent public soit utilisé avec l'efficacité maximale."
Pas d'inquiétude, c'est efficace : pas un seul vol de sac à mains sur le boulevard depuis l'arrivée de la milice. "On ne paye pas des fonctionnaires de polices pour qu'ils jouent au basket avec des jeunes.
" Mieux vaut les payer à se cailler les miches sur le trottoir à ne rien foutre. "Il faut en finir avec les pratiques monarchiques dans la Vème République. " No comment. Vous l'aurez compris, je fus un peu étonné de voir des armées napoléoniennes se dresser dans le quartier pour pas grand chose. J'ai donc posé la question aux premiers intéressés.
Une première fois, après quelques jours d'intense présence policière : Moi : Qu'est-ce qui se passe, pourquoi vous êtes aussi nombreux ? Le CRS : Eh ben, euh, vous savez, il y a souvent des manifestations sur le boulevard. Moi : Mais vous êtes là depuis trois jours ! il y a une manif prévue aujourd'hui ? Lui : Ah bon, vous avez vu des CRS, quand ça ? (arf...) Non il n'y a rien de prévu, mais euh... il peut toujours y avoir une manifestation de SDF, on sait jamais ! Le brave homme, je le plains, ça doit pas être facile d'expliquer un truc aussi con.
Une semaine plus tard, nouvelle discussion avec deux de ses collègues, plus loquaces : Moi : On se pose un peu des questions sur le mélange des genres. Vous protégez le ministre ou le candidat ? Le premier : Vous inquiétez pas nous aussi on se la pose, la question ! on est là parce qu'on doit bien obéir aux ordres. Mais on se demande ce qu'on fout là. L'autre : Vous savez, la royauté elle est pas morte, en France. Mais ça commence à s'agiter du côté de nos syndicats. Tout ça énerve un peu les habitants du quartier.
La dernière blague à la mode quand un type rentre dans un bistrot : "ils t'ont laissé passer ? t'avais ton badge ?" Pour finir, je vous colle ce petit extrait du Nouvel Obs d'aujourd'hui : "Dès le premier jour, la rue d'Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de la Poste. A l'intérieur, une lettre, datée du 15 janvier, leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d'un éventuel sniper planqué sur les toits. En quelques minutes, l'habitant de la rue d'Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police. En fait, le fonctionnaire est un agent du service Enquête des Renseignements Généraux de la préfecture de Police de Paris..." Sarko, utiliser les RG à son compte ? mais enfin, c'est ridicuuuuule ! Sur ce... votez bien !
LJM
09:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.03.2007
j'veux qu'du soleil
05:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











